Kit type : interprétation simultanée pour une conférence multilingue

Cabines, pupitres, récepteurs HF et prise de son de salle : le kit type d’interprétation simultanée, poste par poste, avec les références du catalogue de location Eyeshot.

Kit type : interprétation simultanée pour une conférence multilingue

Une conférence où l’on parle trois langues ne se distingue d’une conférence ordinaire que par une chose : entre l’orateur et une partie de la salle s’intercale une chaîne technique complète, qui doit rester invisible pour que chacun ait l’impression d’écouter directement. Dès que cette chaîne accroche — un interprète qui entend mal la tribune, un récepteur muet au fond de la salle, une cabine posée sans vue sur l’écran —, c’est tout l’événement qui se met à bégayer, et plus personne ne se souvient de la qualité de la sonorisation.

Ce kit type décrit, poste par poste, ce que nous déployons pour une conférence multilingue de cent à trois cents personnes, avec les références de notre catalogue de location : les cabines et les pupitres, la distribution HF vers le public, mais aussi la prise de son de la salle, sans laquelle les interprètes ne peuvent pas travailler. Comme pour la plénière de 300 personnes, la conférence de presse et le webcast financier, le matériel se loue tel quel, ou avec nos techniciens en prestation.

L’essentiel

Compter une cabine par langue d’arrivée et deux interprètes par cabine, un pupitre par interprète, un récepteur par participant qui ne comprend pas la langue de la tribune, et une prise de son de la salle dédiée aux cabines, distincte de la diffusion. Notre parc distribue les langues en HF Sennheiser 2020, sans ligne de vue à respecter, et l’ensemble se monte en une demi-journée, idéalement la veille, pour que le test avec la sonorisation allumée ait lieu avant l’arrivée des interprètes.

Comment fonctionne une chaîne d’interprétation simultanée

Tout part de ce que les interprètes appellent le floor, c’est-à-dire le son de la tribune dans la langue de l’orateur. Ce signal, mixé sur la console de salle, entre dans l’unité centrale Bosch DCN CCU2, qui l’envoie dans les casques des interprètes. Chacun d’eux parle dans son pupitre iDesk-L, lequel affecte sa voix au canal de sa langue ; l’expander Bosch 4AEX4 ressort ces canaux en audio vers l’émetteur Sennheiser SR2020, qui les diffuse en HF dans la salle. Au bout de la chaîne, chaque participant choisit son canal sur son casque récepteur HDE2020, et entend la traduction avec un décalage de quelques secondes, le temps que l’interprète comprenne la phrase et la restitue.

Ce qui distingue une installation qui fonctionne d’une installation qui fatigue tout le monde tient au floor : il doit être propre, sans réverbération de salle ni départ de larsen, à un niveau constant quel que soit l’orateur. C’est un mix à part entière, différent de celui que la salle entend, et c’est la raison pour laquelle la prise de son décrite plus bas fait partie du kit au même titre que les cabines.

La cabine : ce que demande la norme ISO 4043

La cabine Audipack Silent 9700 est une cabine mobile conforme à la norme ISO 4043, celle qui régit les cabines démontables : deux interprètes assis côte à côte, une vitre frontale et deux vitres latérales, une ventilation silencieuse et une isolation acoustique qui évite à la fois que la salle entende les interprètes et que les interprètes entendent la salle autrement que par leur casque. Elle occupe un peu moins de deux mètres carrés au sol pour deux mètres de hauteur, et se transporte démontée.

Son emplacement se décide au repérage, pas le jour même. Les interprètes doivent voir directement la tribune et l’écran de projection, parce qu’ils traduisent aussi ce qu’ils lisent sur les slides ; lorsque la salle ne le permet pas, un écran de retour de 65 pouces posé face aux cabines reprend le programme vidéo. On évite les couloirs de passage et le voisinage immédiat du buffet, on prévoit une alimentation par cabine, et on garde quelques mètres avec les premiers rangs, car une porte de cabine mal fermée laisse filtrer la voix de l’interprète.

Pourquoi nous diffusons en HF plutôt qu’en infrarouge

L’infrarouge a longtemps été la référence des congrès pour sa confidentialité, le signal ne traversant pas les murs ; il impose en contrepartie des panneaux radiants et une ligne de vue permanente entre ces panneaux et chaque récepteur, ce que les salons à colonnes et à lustres des hôtels parisiens rendent aléatoire. Notre parc est entièrement en HF Sennheiser 2020 : l’émetteur SR2020 transmet jusqu’à six canaux de langue avec une portée de l’ordre de cent mètres, les récepteurs HDE2020 intègrent le casque et la sélection du canal, et la valise EZL-2020 en recharge vingt à la fois. Un seul émetteur couvre une grande salle et déborde sur les salles voisines, sans que personne n’ait à se soucier de l’endroit où il s’assoit.

La HF demande en revanche une coordination des fréquences avec les micros HF de la salle, que nous gérons au même titre que pour n’importe quelle sonorisation de conférence, et, pour les réunions à huis clos, une réflexion sur la portée qui se règle au brief.

La prise de son de la salle, condition de tout le reste

À la tribune, chaque intervenant dispose de son propre micro col de cygne Shure MX412, sur le pupitre comme sur la table, parce qu’un micro partagé oblige l’interprète à deviner qui parle. Dans la salle, les questions se prennent au micro HF main Sennheiser EW-DX, tendu par un assistant, et le modérateur qui se déplace porte un cravate EW-DX avec capsule MKE40. Lorsque plusieurs liaisons HF cohabitent avec l’émetteur d’interprétation, le splitter d’antennes EW-D Asa évite de multiplier les antennes sur scène.

La console Yamaha QL1 produit deux mixes distincts : la diffusion de la salle, sur des enceintes L-Acoustics 108P jusqu’à une centaine de personnes et sur un système Syva au-delà, et le floor envoyé aux cabines, compressé et égalisé pour rester intelligible à niveau constant. Une question posée dans une langue étrangère suit le même chemin : l’intervenant parle dans le micro HF, les interprètes la traduisent, et les orateurs à la tribune, qui portent eux aussi un récepteur, la comprennent.

Le relais de langues et les configurations à plusieurs cabines

Avec deux langues, une cabine bidirectionnelle suffit : ses deux interprètes traduisent du français vers l’anglais et de l’anglais vers le français selon qui parle. Dès qu’il y a trois langues ou plus, on prévoit une cabine par langue étrangère, chacune reliée à la langue de la conférence, et le relais prend le relais, au sens propre : lorsqu’un orateur s’exprime en japonais et qu’aucun interprète de la cabine espagnole ne le comprend, la cabine japonaise traduit d’abord vers une langue pivot, généralement l’anglais ou le français, que la cabine espagnole reprend sur son pupitre pour traduire à son tour. Le pupitre iDesk-L gère cette prise de relais d’une touche, mais le décalage s’additionne, et le choix de la langue pivot se décide avec le chef d’équipe des interprètes avant la conférence.

Le piège du sens unique

Le cas le plus fréquent est aussi celui qui se prépare le plus mal : une conférence en France, un intervenant anglophone, et un organisateur qui demande, en toute logique, une traduction de l’anglais vers le français pour que la salle suive. Ce qu’il oublie presque toujours, c’est la séance de questions. Dès qu’une personne de la salle lève la main, la traduction doit s’inverser, du français vers l’anglais, faute de quoi l’intervenant sourit poliment à une question qu’il n’a pas comprise, et la conférence s’arrête à l’endroit précis où elle devait devenir intéressante.

Cette inversion a des conséquences très concrètes sur le dispositif. L’intervenant doit porter lui-même un récepteur, réglé sur le canal anglais, ce qui se prévoit avant qu’il ne monte à la tribune et non pendant les applaudissements ; les questions de la salle doivent passer par un micro HF, parce qu’une question lancée à la cantonade n’atteint jamais la cabine ; et les interprètes doivent être engagés pour travailler dans les deux sens, ce qui est la règle d’une cabine bidirectionnelle mais se confirme au brief. Avec deux intervenants de langues différentes, le même raisonnement conduit à deux canaux et deux cabines, là où l’organisateur n’en avait vu qu’une. C’est la première question que nous posons au devis : qui parle, qui écoute, et qui pose les questions.

Dimensionner : deux cas concrets

Cent personnes, français et anglais. Une cabine Audipack 9700 et deux pupitres iDesk-L, l’unité centrale CCU2 et l’expander 4AEX4, un émetteur SR2020 sur deux canaux, une soixantaine de récepteurs HDE2020, soit trois valises EZL-2020. À la tribune, quatre MX412 et deux liaisons EW-DX, une console QL1 et deux enceintes 108P suffisent, et l’ensemble se monte en une demi-journée.

Trois cents personnes, quatre langues. Trois cabines et six pupitres, la même unité centrale et le même expander, un SR2020 sur quatre canaux, environ deux cent cinquante récepteurs, soit treize valises de charge, et un écran de retour de 65 pouces devant chaque rangée de cabines qui n’a pas la vue directe. La salle passe sur un système Syva, la tribune gagne un pupitre plexiglas Président avec ses suspensions micros et un LimiTimer pour tenir les temps de parole, et la régie d’interprétation devient un poste à part entière, distinct de celui de l’ingénieur du son de la salle. Le montage se fait la veille.

Interprétation à distance et diffusion hybride

Deux situations amènent la chaîne d’interprétation à sortir de la salle. La première est celle des interprètes qui travaillent à distance, faute de pouvoir se déplacer ou parce que la langue est rare : ils ont alors besoin du floor et d’une image de la tribune en direct, ce que permettent les plateformes décrites dans notre article sur l’interprétation simultanée à distance, la restitution revenant ensuite dans les canaux de l’émetteur SR2020 comme si elle venait d’une cabine. La seconde est celle du public à distance : chaque canal de langue devient une piste audio du direct, et l’encodeur LiveU Solo Pro envoie en SRT, avec une passerelle vers Teams ou Zoom, un flux par langue à diffuser ou une plateforme qui gère plusieurs pistes, selon ce que le prestataire de streaming a mis en place.

Le déroulé d’une journée d’interprétation

Le montage a lieu la veille : cabines assemblées et câblées, chaîne testée avec la sonorisation allumée, récepteurs en charge dans leurs valises. Le matin, les récepteurs se distribuent à l’accueil, contre un badge ou une pièce d’identité, ce qui évite d’en perdre la moitié au déjeuner. Les interprètes arrivent une bonne heure avant et reçoivent les documents de la conférence, glossaire et présentations, puis testent leurs pupitres, le relais et le floor. Pendant la journée, un technicien surveille les niveaux des cabines et l’état des batteries, et remplace un récepteur défaillant sans interrompre la séance. Au démontage, le comptage des récepteurs précède le rangement des cabines.

Questions fréquentes

Combien d’interprètes faut-il par cabine ?

Deux par cabine, qui se relaient toutes les vingt à trente minutes : l’interprétation simultanée demande une concentration qu’aucun professionnel ne tient seul sur une journée. Chaque interprète dispose de son propre pupitre, ce qui explique pourquoi ce kit compte deux iDesk-L par cabine.

Faut-il une cabine par langue ?

Une cabine par langue d’arrivée, dans le cas général. Lorsque la conférence n’a que deux langues, français et anglais par exemple, une seule cabine bidirectionnelle suffit, ses deux interprètes traduisant dans les deux sens. Avec quatre langues, on prévoit trois cabines, chacune reliant une langue étrangère à la langue de la conférence, et le relais fait le reste.

Combien de récepteurs prévoir ?

Un par participant qui ne comprend pas la langue de la tribune, auxquels s’ajoutent les orateurs eux-mêmes, qui doivent pouvoir suivre les questions de la salle, et une marge de l’ordre de dix pour cent pour les inscrits de dernière minute. Les récepteurs HDE2020 se louent par valise de charge EZL-2020 de vingt postes, ce qui donne directement le nombre de valises.

Infrarouge ou HF : que choisir ?

Notre parc est entièrement en HF Sennheiser 2020. L’infrarouge garde un avantage de confidentialité, puisque le signal ne traverse pas les murs, mais il impose des panneaux radiants et une ligne de vue permanente que les salles à colonnes et à lustres rendent aléatoire. La HF couvre une grande salle, ou plusieurs salles voisines, avec un seul émetteur, sans contrainte de placement, et le choix des fréquences se coordonne avec celui des micros HF de la salle.

Peut-on louer les cabines seules ?

Oui. Comme tout le catalogue, le matériel d’interprétation se loue en location sèche, enlevé et rendu à notre entrepôt de Bagneux (92). La cabine Audipack se transporte démontée ; son montage, le câblage de la chaîne et l’exploitation pendant l’événement peuvent être confiés à nos techniciens, en option et sur devis.

Qu’est-ce qu’une cabine conforme ISO ?

Une cabine mobile qui respecte la norme ISO 4043, laquelle fixe les dimensions, l’isolation acoustique, la ventilation et la visibilité nécessaires au travail des interprètes ; la norme ISO 2603 concerne les cabines fixes intégrées à un bâtiment. L’Audipack Silent 9700 de ce kit est conforme ISO 4043.

Le dispositif fonctionne-t-il dans plusieurs salles ?

Oui, c’est l’un des intérêts de la HF : l’émetteur SR2020 couvre une salle de plusieurs centaines de personnes et déborde sur les salles voisines, ce qui permet à un participant de suivre la traduction depuis un foyer ou une salle de débordement. Au-delà, on ajoute un second émetteur alimenté par les mêmes canaux.

Une traduction dans un seul sens suffit-elle ?

Rarement. Même lorsqu’un seul intervenant s’exprime dans une langue étrangère, la séance de questions renverse le sens de la traduction, et l’intervenant doit alors entendre dans son casque la question posée dans sa langue. Ce kit prévoit donc, par défaut, un récepteur pour la tribune, un micro HF pour la salle et des interprètes qui travaillent dans les deux sens.

Sources

ISO 4043:2016, cabines d’interprétation simultanée mobiles ; AIIC, association internationale des interprètes de conférence ; documentation Sennheiser 2020 et Bosch DCN.

Aller plus loin

Ce kit ne couvre qu’un format parmi d’autres. Parcourir l’intégralité du catalogue de location donne accès à plus de trois cents références classées par famille, avec les caractéristiques de chaque modèle et un moteur de recherche ; la famille interprétation et traduction simultanée regroupe les cabines, pupitres, émetteurs et récepteurs de ce kit.

Et si vous préférez confier l’ensemble plutôt que composer vous-même, Eyeshot, prestataire audiovisuel à Paris depuis 2007, prend en charge le matériel, le montage, l’exploitation et le démontage, en salle comme à l’étranger.

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