Équiper une conférence de presse : le kit type, poste par poste

Conférence de presse : tribune équipée de micros col de cygne, intervenants en oreillette de traduction, photographes au premier rang

Le véritable livrable d'une conférence de presse n'est pas la conférence elle-même, mais ce que les rédactions en rapportent : une citation exacte, trente secondes de son exploitable, une image qui tiendra au montage du soir. Le dispositif technique n'a pas d'autre fonction que celle-là, et il se joue presque entièrement sur des postes que personne ne remarque — la façon dont le son est distribué aux équipes présentes, un éclairage qui ne trahit pas les visages, un enregistrement qui ne dépende ni de la console ni de l'opérateur. Voici, poste par poste, le matériel que nous déployons sur ce format, avec les références de notre parc.

Le kit décrit ici correspond à une conférence de presse d'une soixantaine de journalistes, avec trois intervenants à la tribune, une heure de prise de parole suivie d'une séance de questions, et une captation destinée à la rediffusion comme aux extraits repris par les médias. On se situe dans une salle de réception ou un salon d'hôtel, sans gradins.

La tribune et les micros

Un micro par intervenant, en col de cygne sur la table : trois Shure MX412. Le col de 30 cm suffit dès que la table est à bonne hauteur ; si les intervenants sont assis bas ou si la table est profonde, on passe aux MX418 en 45 cm. Ce sont des cardioïdes serrés, ce qui compte autant pour le rejet du bruit de salle que pour la stabilité du gain avant larsen.

La console est une Yamaha TF1 : le format ne justifie pas une QL5, et son écran tactile permet de rattraper un niveau en une seconde pendant que quelqu'un parle. Ce qui compte ici n'est pas le nombre de voies mais la vitesse de correction.

Le boîtier de presse, la pièce qui change tout

C'est le poste qui distingue une conférence de presse d'une conférence tout court, et celui qu'on oublie le plus souvent. Sans lui, chaque équipe de tournage plante son micro devant une enceinte ou tend une perche au-dessus des têtes : le son capté est réverbéré, saturé par la salle, et inexploitable au montage.

Un Drawmer Kickbox règle la question. Quatre entrées, seize sorties XLR, indicateurs de niveau par voie : chaque caméra, chaque enregistreur et chaque radio repart avec le même signal propre, directement issu de la console. Sur soixante journalistes, seize sorties couvrent largement les équipes présentes, et le boîtier se pose sur une table dédiée en fond de salle — le point presse, que les rédactions repèrent immédiatement.

Un détail qui n'en est pas un : le mix envoyé au boîtier n'est pas celui de la salle. On y envoie les micros de tribune et le son des vidéos diffusées, sans les retours ni les micros de questions si l'on ne veut pas que la voix d'un confrère figure dans les rushes d'un autre. C'est exactement ce que permet la matrice de la console.

La diffusion en salle

Deux L-Acoustics 108P en façade suffisent sur cette jauge. Ce sont des enceintes amplifiées compactes, assez discrètes pour ne pas encombrer le champ des photographes, et assez précises pour que la parole reste intelligible jusqu'au fond sans monter en niveau. Dans une salle plus longue ou plus réverbérante, les 112P prennent le relais.

Le placement compte plus que la puissance : les enceintes se posent en avant de la ligne des micros, jamais à leur hauteur. C'est la règle qui évite le larsen sur des cols de cygne ouverts en permanence.

Les questions de la salle

Deux micros main HF Shure Axient AD2/SM58 sur un récepteur AD4DE-A deux canaux. Deux, et pas un : pendant qu'un journaliste pose sa question, un membre de l'équipe porte déjà le second micro vers la personne suivante. C'est ce qui évite les vingt secondes de flottement qui cassent le rythme d'une séance de questions.

La coordination des fréquences se fait sur place avant l'ouverture des portes, comme sur n'importe quel événement — le sujet est traité dans notre article sur les micros HF et la gestion des fréquences.

Un écran, pas une vidéoprojection

Dès qu'il y a un clip, un teaser ou une planche de chiffres à montrer, la question se pose. Nous répondons par une dalle plutôt que par un vidéoprojecteur, et pour une raison qui n'est pas technique : une projection oblige à baisser la lumière de la salle, ce qui ruine le travail des photographes et donne des visages gris à la caméra. Une conférence de presse se joue en pleine lumière.

Un moniteur LED Sony FW-98BZ50L 98" 4K reste parfaitement lisible avec l'éclairage allumé, et sa diagonale couvre la profondeur d'une salle de soixante personnes sans écran de rappel. Quand l'accès au lieu ne permet pas de manœuvrer une dalle de cette taille — un escalier d'hôtel, un ascenseur étroit —, le Samsung QM75C 75" passe partout et suffit dans la plupart des salons.

La dalle se monte sur un support à base lourde, dimensionné pour son poids : une embase standard ne suffit pas, et c'est le point sur lequel on ne transige pas quand la salle se remplit et que les photographes circulent autour. Elle se cale à côté de la tribune, dans l'axe des caméras, jamais derrière les intervenants où elle créerait un contre-jour.

La captation

Deux Panasonic AW-UE150 : une frontale serrée sur la tribune, une en fond de salle pour le plan large et les questions du public. Des tourelles pilotées plutôt que des caméras sur pied, parce qu'un cadreur debout dans une conférence de presse gêne les photographes et finit dans le champ des équipes de tournage. Le pilotage se fait depuis un pupitre AW-RP150.

Le mélangeur est un Black Magic ATEM SDI Extreme ISO. Le choix du SDI n'est pas une coquetterie : les caméras sortent nativement en SDI, l'enregistreur et le moniteur de contrôle l'attendent, et la chaîne reste homogène sans convertisseur intercalé — donc sans point de panne supplémentaire sur un événement qui ne se rejoue pas.

Son enregistrement ISO est ce qui fait la différence au montage : en plus du programme, chaque entrée est enregistrée séparément. Le lendemain, on peut extraire une réponse complète en plan serré même si la réalisation était sur le plan large à cet instant. Sur un format dont le livrable est un extrait de trente secondes repris par les rédactions, c'est décisif.

L'enregistrement, en double

Le programme part sur un Hyperdeck Studio Mini, enregistreur HD/SDI ultra-compact sur cartes SD. En régie, un Video Assist 7" 12G affiche la sortie programme et enregistre en parallèle sur sa propre carte : il sert de moniteur de contrôle et de second master pour un encombrement dérisoire.

Côté son, un Tascam DR-680 capte en multipiste depuis la console, et un Zoom H6 tourne en autonome dans un coin de la salle. Ce dernier ne coûte presque rien et a déjà sauvé des conférences entières : il est indépendant de la console, du secteur et de l'opérateur.

La lumière

Deux panneaux LED Aputure Nova P300c en face, équipés de leur boîte à lumière, donnent un éclairage doux et flatteur sur les visages. Les volets servent à contenir le débord sur le fond de scène, qui doit rester uniforme.

Le réglage se fait en température, pas en intensité : on cale les panneaux sur la lumière ambiante de la salle plutôt que d'écraser tout le monde à 5 600 K. Les équipes de tournage qui arrivent avec leur propre torche s'alignent alors naturellement, au lieu de créer deux dominantes différentes dans le même plan.

Le fond de scène

Un pipe & drape noir 3,6 × 3,6 m derrière la tribune ferme le cadre et supprime les portes, les extincteurs et les allées et venues du personnel. C'est la solution la plus rapide à monter et la plus neutre à l'image.

Quand la marque veut être visible dans chaque photo — et c'est fréquent sur une annonce —, le fond de scène en tuiles blanches accueille une impression logotypée en répétition. Le sujet mérite d'être tranché tôt : ce fond conditionne le placement des panneaux lumière et le cadrage des deux caméras.

La diffusion en direct, si elle est prévue

Beaucoup de conférences de presse sont désormais diffusées en parallèle vers les rédactions qui ne se déplacent pas. La sortie programme du mélangeur part alors vers un LiveU Solo Pro : son agrégation 4G/5G prend le relais quand la connexion du lieu se dégrade au pire moment, c'est-à-dire quand soixante personnes saturent le wifi de la salle.

Le débit à prévoir se calcule avant, pas sur place : notre calculateur de débit de streaming donne l'ordre de grandeur en fonction de la définition et du nombre de destinations. Le dispositif complet de diffusion est détaillé sur notre page webcast et streaming professionnel.

Quand l'intervenant est international

Conférence de presse d'un artiste, d'un dirigeant étranger ou d'une délégation : la parole est dans une langue, la salle écrit dans une autre. L'interprétation simultanée devient un poste technique à part entière — et sur ce format précis, la contrainte principale n'est pas acoustique, elle est visuelle.

Le casque de traduction classique, celui qui se porte en arceau autour de la nuque, est un problème sur une conférence de presse. Il barre le visage sur chaque photo, il apparaît dans tous les plans de coupe, et il transforme une salle de rédaction en salle de congrès. Nous ne le proposons pas sur ce format.

La configuration que nous déployons repose sur des récepteurs individuels posés sur la table devant chaque journaliste — de type Bosch Integrus — associés à une oreillette discrète ou à un tour d'oreille. Rien ne dépasse, rien ne se voit à l'image, et le journaliste garde les mains libres pour écrire. Le même principe vaut pour l'intervenant à la tribune, qui reçoit son retour par une oreillette couleur chair plutôt que par un casque.

La chaîne d'interprétation, poste par poste

Tout part de la cabine de traduction Audipack Silent 9700, installée en fond de salle. C'est une cabine insonorisée conforme aux normes d'interprétation de conférence, qui accueille deux interprètes en alternance — au-delà de vingt minutes de traduction continue, la précision chute, et une conférence de presse dépasse toujours vingt minutes. Sa position en fond de salle est délibérée : les interprètes doivent voir la tribune, mais la cabine ne doit apparaître dans aucun cadre.

À l'intérieur, deux pupitres interprètes Bosch DCN iDesk-L. Ce sont eux qui donnent à l'interprète le contrôle réel de son travail : sélection de la langue source, coupure micro instantanée pour tousser ou se reprendre, relais vers le collègue, et retour du programme dans le casque avec un réglage indépendant. Un interprète qui ne peut pas couper son micro en une fraction de seconde ne travaille pas correctement.

La sortie des pupitres alimente un émetteur Sennheiser SR2020, qui diffuse le canal traduit vers les récepteurs de la salle. Sur une conférence de presse, la portée et la stabilité comptent davantage que le nombre de canaux : le signal doit rester propre du premier rang jusqu'au fond, sans décrochage au moment précis où l'annonce tombe.

Les récepteurs se rechargent et se distribuent depuis une valise de charge Sennheiser EZL-2020, vingt postes par valise. Ce n'est pas un détail logistique : c'est ce qui permet de remettre à l'accueil des postes chargés à bloc, de les récupérer en fin de conférence et de les recharger pour l'opération suivante sans compter les pertes une par une.

Quand la tribune elle-même est multilingue — plusieurs intervenants qui ne partagent pas la même langue —, on passe sur des postes Bosch DCN-DCS en délégué et président : chaque place dispose de son micro, de son sélecteur de canal et de son écoute. Et si le nombre de langues dépasse la capacité de l'émetteur, un Audio Expander Bosch 4AEX4 ajoute les canaux nécessaires sans changer toute la chaîne.

Quand la salle n'offre aucune place pour une cabine — un salon d'hôtel plein à craquer, c'est le cas courant —, l'interprète travaille à distance : le dispositif est décrit dans notre article sur l'interprétation simultanée à distance. L'ensemble du parc est regroupé dans la catégorie interprétation du catalogue.

Un point à ne pas manquer, et qui relie ce poste au boîtier de presse : le canal d'interprétation doit lui aussi arriver au Drawmer Kickbox, sur une sortie distincte de la langue originale. Une équipe de télévision française repart alors avec la voix traduite, une agence internationale avec la voix d'origine, et personne n'a eu à choisir pour l'autre.

Le confort des intervenants

Un MacBook Pro M4 dédié à la diffusion, indépendant des machines des intervenants, évite les notifications en plein clip. Et un chronomètre D'San LimiTimer posé face à la tribune tient le programme : sur une conférence de presse, c'est lui qui décide s'il reste du temps pour les questions, et les questions sont la raison pour laquelle les journalistes sont venus.

Ce que ce kit ne comprend pas

Les tarifs de notre catalogue s'entendent en location sèche, enlèvement à notre entrepôt de Bagneux. Le transport — livraison et reprise sur Paris et l'Île-de-France — est proposé en option sur devis, et il ne comprend pas de main-d'œuvre technique. Dès lors que l'installation, le réglage ou l'exploitation sont assurés par nos techniciens, on ne parle plus de location mais de prestation, également sur devis. Un kit de ce type demande une demi-journée de montage, idéalement la veille, puis une équipe présente pendant l'exploitation — le son, la vidéo, la lumière — et de la main-d'œuvre d'assistance au montage, au démontage et au chargement.

Adapter le kit à votre annonce

Aucun de ces choix n'est absolu. Une annonce sans images se passe de l'écran 98 pouces ; une tribune à cinq intervenants demande deux cols de cygne de plus et une console à plus de voies ; une conférence sans caméras de reportage réduit le boîtier de presse à une simple sécurité. À l'inverse, une salle réverbérante ou une annonce sensible justifient de doubler l'enregistrement audio plutôt que la lumière.

Le format lui-même — sa conduite, son timing, sa séance de questions — est traité séparément dans notre article sur la conférence de presse en captation multicaméra. Pour un format assis autour d'une table plutôt qu'en tribune, voir comment capter une table ronde, et pour les grands formats, le kit type d'une plénière de 300 personnes.

L'ensemble du matériel cité est disponible à la location, et nos équipes établissent le dossier technique adapté à votre lieu sur simple demande.

Aller plus loin

Ce kit ne couvre qu'un format parmi d'autres. Parcourir l'intégralité du catalogue de location donne accès à plus de trois cents références classées par famille, avec les caractéristiques de chaque modèle et un moteur de recherche.

Et si vous préférez confier l'ensemble plutôt que composer vous-même, Eyeshot, prestataire audiovisuel à Paris depuis 2007, prend en charge le matériel, le montage, l'exploitation et le démontage.

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